Sainte-Aurélie
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Mot du Maire

MOT DU MAIRE 

Une question de prudence : le barrage

Au Québec, il existe 80 moulins à eau, dont 2 dans notre MRC : La Lorraine, au Lac-Etchemin et nôtre, le vieux moulin de Metgermette-Nord. Dans notre cas, pour être précis, on doit parler d’un moulin hydroélectrique. À ses débuts, sa turbine était alimentée au fil de l’eau, sans barrage, à l’aide d’une dalle de 12 pieds de largeur et de 200 pieds de longueur. Ce type d’alimentation en continu a donné cette belle expression : «Apporter de l’eau à son moulin». Afin de sécuriser sa source d’alimentation, le propriétaire du moulin de l’époque, M. Éli Giguère, a érigé un barrage au début des années 30. Ici, je me réfère à Mme Berthe Boulet qui possède une excellence connaissance de notre histoire.

Aujourd’hui, le Ministère de l’Environnement tient un registre officiel de tous les barrages au Québec. La fiche descriptive du nôtre mentionne que le présent ouvrage fut construit en 1950, avec des travaux majeurs en 1992. Selon les normes hydrologiques, il est classé comme un barrage à forte contenance ayant une capacité de retenue de 3 579 576 m3 cubes. À noter, la superficie du bassin versant du Lac des Abénaquis est de 41,1 km2. En comparaison, celui du barrage Sartigan est de 3 076 km2. On n’est pas dans les mêmes eaux.

Cette règlementation nous demande de faire faire une évaluation technique de leur sécurité tous les 10 ans et d’y apporter, le cas échéant, les rénovations requises. Ce que nous avons fait. Le dernier constat indique que nous devons réaliser certaines consolidations. Essentiellement, les travaux vont consister à renforcer les berges à proximité du barrage. On ne touchera pas au barrage comme tel, donc le niveau du lac demeure le même et sa capacité d’évacuation est maintenue. Il n’y a pas de risque de rupture du barrage, mais l’ensemble de l’ouvrage doit résister aux fortes crues. Ici, il existe un risque de contournement des eaux par les côtés. Le temps fait graduellement son œuvre et des érosions peuvent se développer, toujours selon les avis des ingénieurs.

Comme anticipé, le coût de ces travaux est relativement important : 500 000 $ pour l’ensemble de l’œuvre : études et conception. La municipalité a produit un règlement d’emprunt à cet effet pour assurer le financement, en anticipant une subvention à hauteur de 66 % du coût total. Comme pour tout projet de ce genre, on peut faire une demande de subvention, une fois les travaux réalisés. C’est comme ça dans le domaine municipal.

Aurait-on pu dire non ? Contredire les ingénieurs ? On n’est pas ingénieurs. La règlementation est là pour rester et un report des travaux aurait eu pour effet une hausse éventuelle des coûts. Le risque de fortes crues et une érosion graduelle des berges latérales me semblent fort plausibles. Imprévisible, notre Dame nature a déjà démontré sa puissance et ses capacités destructives. La confronter ou l’ignorer ne m’apparait pas comme de bonnes stratégies municipales à retenir. Devant plus fort que nous, sagesse oblige, vaut mieux y aller de prudence.

Mais avant de vous laisser, je tiens à vous souhaiter une belle Fête nationale à vous tous et prudence sur nos plans d’eau.

René Allen
Maire

  

 

 

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